C’était ça ou mourir – Thélyson ORÉLIEN

Quitter son pays était, pour de nombreux exilés, la seule solution C’est le cas de Jonas, professeur qui doir fuir la réalité d’Haïti pour simmplement survivre. Une histoire forte, qui parle d’humain à humain.

Le coup de cœur de Patrick

L’exil, à hauteur d’homme : Jonas, professeur d’histoire-géo haïtien à la dérive depuis que son quartier est la proie des gangs et des flammes, vous embarque dans sa fuite qui le mènera de son île dévastée au Canada où il pourra enfin, après des mois d’exode, poser son bagage et souffler. Dès les premières pages, on est happé par cette histoire terrible racontée avec finesse, avec sagesse, avec humour parfois – on a de bout en bout l’impression de cheminer avec Jonas. Une histoire forte, une écriture simple et sans effet de style malvenu même pour dire l’indicible, qui parle d’humain à humain.

C’était ça ou mourir
Thélyson ORÉLIEN– Éditions Grasset
Prix : 21,50 €

Un marché noir – Bérénice PICHAT

En temps de guerre, la frontière entre le Bien et le Mal n’est pas si claire. Les parcours de Servane et de Paul en cette période trouble en sont une parfaite illustration.

Le coup de cœur de Léa

1943 : Seconde Guerre mondiale. La faim est là, omniprésente, envahissante. Aussi, lorsqu e Servane voit l’opportunité de gagner quelques denrées alimentaires, elle n’hésite presque pas. Certaine de s’engager dans la Résistance, la jeune fille risque sa vie pour porter des paquets dont elle ne connaît pas le contenu.
Paul, lui, convaincu que tout s’achète, est devenu peu à peu un acteur incontournable du marché noir, puissant et immoral.

Un roman captivant qui questionne avec justesse l’effacement de la frontière entre le bien et le mal en temps de guerre. Et une fin… quelle fin !

Un marché noir
Bérénice PICHAT– Éditions Les Avrils
Prix : 22 €

Vivre sans bonheur et n’en point dépérir – Véronique OVALDÉ

« Finalement, j’ai bien raté ma vie. » C’est à partir de cette phrase ahurissante que Véronique OVALDÉ dresse le portrait de sa mère, « victime parfaite » d’un mari tyrannique.

Le coup de cœur d’Anne

Après plusieurs romans, Véronique Ovaldé signe ici une autofiction. Elle nous raconte la vie de l’”anti-modèle” féminin de son enfance, de cette “victime parfaite” qui a vécu des années auprès d’un mari tyrannique. Elle tente de la comprendre en interrogeant la mémoire et les non-dits familiaux et lui invente des chemins qui auraient adouci sa vie.

C’est un portrait aussi sensible que tendre qui raconte une génération de femmes, leur dépendance financière et les mécanismes de domination. Pas de jugement ici, car c’est aussi un livre d’amour d’une fille pour sa mère.

Vivre sans bonheur et n’en point dépérir
Véronique OVALDÉ – Éditions Flammarion
Prix : 21 €

Finalement, tout s’est bien passé – Estelle-Sarah BULLE

Avec ce nouveau roman, Estelle-Sarah Bulle, que nous recevrons bientôt à la Belle aventure, livre un récit captivant sur le thème de l’exil, transportant le lecteur dans la France des années 60.

Le coup de cœur d’Anne

Le roman s’ouvre sur un geste d’humiliation envers Henri, jeune guadeloupéen à Pointe-à-Pitre. Cette énième humiliation, héritée du colonialisme, va pousser Henri à quitter la Guadeloupe pour Paris. Il va y découvrir la vie, sa future femme – elle aussi exilée du Nord de la France – les grandes fêtes chez sa soeur, la solidarité mais aussi l’engagement social et le racisme.

Estelle-Sarah Bulle traite avec sensibilité du thème de l’exil, qui prendra plusieurs visages selon les personnages qui le vivent et qu’Henri croisera. 

Un roman qui se lit d’une traite et nous transporte dans la France des années 60, bouillonnante, tant au niveau économique que social.

Finalement, tout s’est bien passé
Estelle-Sarah BULLE – Éditions Liana Levi
Prix : 20 €