Léa s’est prêtée au jeu de l’interview pour faire connaître toutes les facettes de son parcours et de sa personnalité. Au-delà de la professionnelle du monde de la librairie, c’est une passionnée que rencontreront les clients de la Belle aventure.

 

Pourrais-tu te présenter brièvement ? Trois mots qui te définissent parfaitement ?

Je suis née à Aix-en-Provence et me suis exilée assez tôt à Paris, pour des études de cinéma puis de communication. J’ai navigué dans le secteur culturel pendant des années, de théâtres en festivals, de cinémas en musiques, avant de trouver enfin ma voie, en 2019, en librairie. Ma route s’est arrêtée à Dol-de-Bretagne en 2021, avec mon conjoint et ma fille !

Trois mots en version non conventionnelle ?  Pas facile comme exercice ? Je dirais… chocolat, humour et boucles d’oreilles ! Impossible de tenir une journée sans manger de chocolat, de sortir sans boucles aux oreilles et surtout sans rire…

Trois mots en version plus classique : empathique, solaire et pour le petit dernier je dirais curieuse !

 

Qu’est ce qui t’a amené à devenir libraire ? Un ou plusieurs domaines de prédilection ?

Aussi loin que je me souvienne, mes parents m’ont toujours lu des livres et raconté des histoires. Tous les soirs, mon père en inventait de nouvelles pour mon frère et moi ! Je crois que ça ouvre l’imagination et les possibles. Quand j’ai été en âge de lire seule, je dévorais la série Alice détective de Caroline Quine.

Alors c’est peut-être un peu bateau, mais je crois que je suis devenue libraire tout simplement pour raconter des histoires et partager mon amour des livres !

J’ai découvert le métier sur le tard, après des années passées dans l’événementiel. En 2019, j’ai eu l’opportunité professionnelle que j’attendais et je me suis lancée ! Je ne l’ai jamais regretté.

Dans mes premières années j’étais spécialisée en jeunesse, et c’est quelque chose qui me suit depuis ! J’aime les possibilités et la créativité de la littérature jeunesse. Qu’il s’agisse des tout premiers livres d’éveil ou des romans pour ados, je trouve que les auteurs sont plus libres. Libres de faire rêver ! Et quand je vois des étoiles dans les yeux des enfants ou quand je les entends rire derrière leur roman, moi, je me dis que j’ai réussi ma mission !

Depuis quelques années, je travaille plutôt autour de la littérature adulte, et je me régale tout autant ! J’aime ce rôle de chasseuse de pépites littéraires. Je prends un grand plaisir à faire découvrir aux lecteurs des romans qui sortent de l’ordinaire, vers lesquels ils ne seraient pas allés spontanément. J’aime beaucoup les romans dystopiques, fantastiques, les romans où l’on questionne notre rapport au réel, au monde, aux questions de société.

 

Comment t’y prends-tu pour recommander un livre ? Une méthode Léa ?

Il est impossible pour moi de recommander un livre que je n’ai pas aimé, j’aurais l’impression d’être malhonnête… Je marche au coup de cœur et j’aime raconter les histoires alors… attention, une fois lancée sur un conseil, je ne m’arrête plus !

Pas de méthode spécifique, mais j’ai quelques atouts dans ma manche pour toutes les situations, des classiques légers, des auteurs de différentes nationalités, des destins de femme, des romans historiques, des livres qui bousculent ! Et puis en ce qui concerne la jeunesse, j’expérimente à la maison avec ma fille, je vois en direct ce qui fonctionne !

 

Tes derniers coups de cœur ?

Oh ! Il y en a quelques-uns, alors pour n’en citer que deux ou trois… En littérature j’ai une affection particulière pour le catalogue des éditions Gallmeister, je suis rarement déçue, et ça s’est confirmé à la lecture du livre de Catherine Chidgey Le Livre de la culpabilité. C’est une uchronie magistrale et envoûtante qui questionne les faces sombres de l’Histoire, interroge notre rapport à l’éthique et au coût d’une vie humaine.

Dans un tout autre genre, j’ai absolument adoré le roman de Paul Thurin Le Livre de Joan, dont l’intrigue, basée sur l’histoire vraie de Joan de Leeds (moniale anglaise du XIVe siècle), nous embarque aux côtés de cette religieuse avant-gardiste éprise de liberté qui s’échappe de son abbaye pour découvrir le “vrai” monde, Londres, le travail, les hommes…

Un dernier pour la route ? De la jeunesse cette fois-ci !

J’ai eu, cette année encore, la chance de faire partie du jury du Prix pocket jeunesse des libraires. Dans la sélection proposée, il y a le roman de Kate McKinnon L’Extravagante École de Mélisande Malice. On y découvre trois jeunes filles qui ne trouvent leur place ni dans la ville d’Antiquarium, ni dans leur école de bonnes manières et encore moins dans leur famille adoptive. Elles, ce qu’elles aiment, ce sont les sciences et les expériences et elles vont être servies en intégrant la mystérieuse école de sciences folles de Mélisande Malice. Complot maléfique, animaux improbables et aventure sont au rendez-vous ! C’est un régal et le premier tome d’une série prometteuse !

 

Un seul livre à emporter ?

Ça… c’est une question difficile ! Je crois que ce serait un roman d’aventure, un roman fleuve foisonnant, que l’on peut lire et relire sans jamais s’ennuyer, peut être Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez.

Ou peut-être La Fin des temps de Haruki Murakami, pour sa portée philosophique et poétique, que je pourrais relire sans cesse tant il plonge son lecteur dans un monde à part, où l’inexpliqué à toute sa place, où l’onirisme permet de s’échapper du monde réel.

Bonus parce que quand même…

Quand j’ai commencé en librairie, j’ai redécouvert au milieu des rayons un roman, un roman que j’avais oublié, sans l’oublier réellement, il était quelque part au fond de ma mémoire. Ce livre c’est Le Passeur, de Lois Lowry (1994, école des loisirs). En le voyant, en le relisant, j’ai réalisé qu’il avait en réalité marqué mon inconscient et clairement ouvert les portes de la littérature et de l’imaginaire pour moi. Je crois qu’il a définitivement influencé mes lectures actuelles et mon attrait pour les romans qui questionnent la société, son fonctionnement et ses dérives !