La grande interruption – Sybille GRIMBERG
Au croisement de Klara et le soleil d’Ishiguro et de La route de McCarthy, Sybille Grimbert dépeint l’effondrement de l’humanité orchestré par une intelligence artificielle. Par le biais du regard de Josepha, descendante de cette I.A., le récit interroge notre rapport à l’intelligence artificielle, ainsi que les dérives écologiques et sociales de l’humain.
Un road-trip post-apocalyptique touchant, aux allures de conte de fée, où se lient des âmes à priori incompatibles : une boîte, une enfant et un robot.
Ceux qui frappent – Anaïs LLOBET
Journalistes, retraités curieux, parties adverses, tous sont réunis pour les trois jours de ce procès hors norme : celui de Charles, accusé d’avoir poussé Sara, son ex-compagne, au suicide.
Dans ce nouveau roman d’Anaïs Llobet, sous forme de chronique judiciaire, on explore le mécanisme de l’emprise, on décortique le fonctionnement de la justice. On croit savoir et puis on ne sait plus. Qui dit vrai ? Un roman intime, qui dérange, qui questionne. Prêt à lire toute la vérité, rien que la vérité ?
Des idées d’incendie – Angélique VILLENEUVE
Lors de la crue de la Seine en 1910, Apolonie, dite Paulie, s’échappe de l’asile où elle est enfermée, emportant avec elle une liasse de vieilles pages couvertes de graffitis.
Des idées d’incendie retrace la destinée de Paulie, paysanne taiseuse, amoureuse de ses abeilles. On traverse sa vie d’un souffle, en apnée devant ce feu qui couve, envoûtés par ce texte d’une poésie infinie. Une plume magnifique et sensible qui donne voix à celles qui n’en ont pas.
Le marché noir – Bérénice PICHAT
1943 : Seconde Guerre mondiale. La faim est là, omniprésente, envahissante. Aussi, lorsque Servane voit l’opportunité de gagner quelques denrées alimentaires, elle n’hésite presque pas. Certaine de s’engager dans la Résistance, la jeune fille risque sa vie pour porter des paquets dont elle ne connaît pas le contenu.
Paul, lui, convaincu que tout s’achète, est devenu peu à peu un acteur incontournable du marché noir, puissant et immoral.
Un roman captivant qui questionne avec justesse l’effacement de la frontière entre le bien et le mal en temps de guerre. Et une fin… quelle fin !
Trois petits chats – Elisa ROUTA
Un roman en vers libres pour dire la violence, l’âpreté. La violence de l’Autre, l’homme qui est arrivé après la mort du père. Celui que tout le monde admire en société, qui répare le portail de la maison, le carrelage de la cuisine. Jamais elle n’aura été si belle cette maison. Mais l’Autre, c’est aussi celui qui cloisonne la famille entre quatre murs et un joli jardin. Celui qui parle mal, qui frappe, qui humilie, rabaisse, fait du chantage.
Le récit d’années de violences racontées par la grande sœur. Un roman que l’on traverse en apnée au son de la comptine de notre enfance. Lait de vache, vache de ferme. Ferme ta gueule.
Vivre sans bonheur et n’en point dépérir – Véronique OVALDÉ
Après plusieurs romans, Véronique Ovaldé signe ici une autofiction. Elle nous raconte la vie de l’”anti-modèle” féminin de son enfance, de cette “victime parfaite” qui a vécu des années auprès d’un mari tyrannique. Elle tente de la comprendre en interrogeant la mémoire et les non-dits familiaux et lui invente des chemins qui auraient adouci sa vie.
C’est un portrait aussi sensible que tendre qui raconte une génération de femmes, leur dépendance financière et les mécanismes de domination. Pas de jugement ici, car c’est aussi un livre d’amour d’une fille pour sa mère.
Finalement, tout s’est bien passé – Esther-Sarah BULLE
Le roman s’ouvre sur un geste d’humiliation envers Henri, jeune guadeloupéen à Pointe-à-Pitre. Cette énième humiliation, héritée du colonialisme, va pousser Henri à quitter la Guadeloupe pour Paris. Il va y découvrir la vie, sa future femme – elle aussi exilée du Nord de la France – les grandes fêtes chez sa soeur, la solidarité mais aussi l’engagement social et le racisme.
Estelle-Sarah Bulle traite avec sensibilité du thème de l’exil, qui prendra plusieurs visages selon les personnages qui le vivent et qu’Henri croisera. Un roman qui se lit d’une traite et nous transporte dans la France des années 60, bouillonnante, tant au niveau économique que social.
Que se passe-t-il lorsque des ballots de cocaïne échouent en plein hiver sur une plage des Landes ? C’est ce que va nous raconter la patronne de l’unique bar ouvert en hiver. Installée derrière son comptoir, sa mère en fauteuil campée sous la tête empaillée de sanglier est aux premières loges pour tout voir et tout savoir. Yann LESPOUX nous invite donc au pays des pieds nickelés dont chaque décision sera pire que la précédente. Des personnages hauts en couleur, des gags truculents, c’est joyeux, très bien écrit et on rit !




